|
D’abord
deux révolutions technologiques : le chalumeau de bois
à embout rond et le seau en fer blanc. Avec le chalumeau,
plus nécessaire d’entailler l’érable
avec une hache; on le perce avec une mèche montée
sur un vilebrequin. Un petit coup de marteau enfonce le chalumeau.
Il enfle au contact de la sève, ce qui rend le pourtour
étanche. Très tôt, il est doté
d’un petit crochet pour y pendre le seau. Les ferblantiers
rivalisent d’ingéniosité pour la forme
et l’empilage des seaux. Ils corrigent les effets du
froid en leur donnant une forme ovale et plus étroite
à la base. Vers 1920, le chalumeau est fabriqué
en tôle. Puis, viennent ceux coulés en fer blanc
et ensuite en aluminium, plus faciles à enfoncer dans
l’arbre et capables de soutenir de plus grands seaux.
Récolte
Le
nombre d’entailles était peu important et
le temps des sucres était plutôt une affaire
visant à procurer du sucre à la famille.
Un
bon matin de printemps, on partait vers l’érablière
qui était souvent à des kilomètres de
la maison. Rendu sur les lieux, on se fabriquait un petit
abri rudimentaire pour se protéger de la pluie et de
la neige, on installait les goutterelles et les seaux et on
attendait la coulée de l'eau d'érable.
La
cueillette se faisait avec des moyens rudimentaires : un joug
avec deux seaux, un traîneau avec un tonneau debout,
ou tiré par un homme ou un chien vers l'évaporateur.
Si le nombre d’entailles augmentait, un tonneau était
placé sur un traîneau plus gros tiré par
un ou deux boeufs.
De
1900 à 1940, les exploitations deviennent plus grandes.
Le cheval remplace les boeufs pour
tirer le traîneau. Une petite écurie près
de la cabane sert d’abri aux chevaux. Lors de grosses
coulées, il faut ramasser l’eau d'érable
deux ou trois fois par jour. Plusieurs solutions pour éviter
les débordements sont mises en application : grossir
les seaux, cueillir plus souvent ou avec de plus gros tonneaux,
remplacer le cheval par le tracteur et même installer
des conduits métalliques dans l’érablière.
Évaporation
Après
1900, le lourd chaudron de fonte est remplacé par
des casseroles plates placées sur des murets de
pierre et un feu fermé sert à cet effet.
Avec le siphon transvaseur, l’évaporateur
moderne est né.
Les fonderies Dominion & Grimm, Champion et autres en
produisent en grand nombre. Au début, les évaporateurs
ont quelques casseroles plates.

Ceux
des années 1940 à nos jours sont mieux équipés
: plusieurs casseroles plates, des thermomètres
intégrés, un flotteur contrôlant
le niveau et l’admission d’eau, une hotte
pour faire sortir la vapeur, un brûleur au mazout
remplaçant peu à peu le bois comme source
de chaleur.
|